
Le permis de conduire est un document attribué à vie. Cependant, les personnes âgées de plus de 70 ans ne peuvent plus conduire...
Avec l’allongement de la durée de vie, de plus en plus de seniors continuent de posséder leur permis de conduire et rouler. Cependant, l’âge peut entraîner des changements physiologiques susceptibles d’affecter la conduite.
Permis de conduire : les seniors et la conduite
Prendre de l’âge entraîne forcément une diminution de la vision, des réflexes moins rapides ou une baisse de l’attention. Cela soulève la question de l’adaptation du permis de conduire pour cette tranche d’âge.
En France, contrairement à certains pays européens, il n’existe aucun contrôle médical obligatoire pour les conducteurs seniors. Le permis reste valable à vie, sauf en cas de suspension ou d’annulation.
Toutefois, un médecin peut recommander un contrôle médical en cas de problème de santé signalé par le conducteur lui-même. Sa famille ou son médecin traitant.
Des mesures incitatives se voient ainsi mises en place pour encourager les seniors à évaluer leurs aptitudes à la conduite. Certaines auto-écoles proposent des stages de remise à niveau.
Cela permet ainsi d’actualiser leurs connaissances du Code de la route. Et d’adapter leur conduite aux nouvelles réglementations et infrastructures.
Ces formations se disent particulièrement utiles pour prendre en compte l’évolution du trafic et des technologies automobiles. La question d’un contrôle médical obligatoire pour les conducteurs âgés fait débat.
La conduite des seniors fait débat
Certains estiment qu’une évaluation régulière pourrait prévenir les risques d’accidents liés à des troubles physiques ou cognitifs. D’autres considèrent que cela pourrait être discriminatoire et qu’il vaut mieux sensibiliser.
Plutôt qu’imposer une restriction systématique. Face à ces enjeux, les politiques publiques privilégient aujourd’hui une approche basée sur la prévention et la responsabilisation.
L’objectif se veut ainsi d’aider les seniors à conserver leur mobilité en toute sécurité sans imposer de restrictions excessives. Des solutions comme l’aménagement des infrastructures existent.
Ou bien encore le développement des transports adaptés et l’accompagnement des conducteurs âgés qui ont leur permis de conduire dans leur transition vers d’autres modes de déplacement font partie des pistes envisagées pour l’avenir. Mais pas que.
L’Union européenne affiche un objectif clair : harmoniser les règles de sécurité routière à l’échelle du continent et atteindre zéro décès sur les routes d’ici 2050. Pour y parvenir, plusieurs ajustements du permis de conduire sont envisagés.
Dont une proposition qui fait débat. A savoir l’instauration d’une visite médicale obligatoire pour les conducteurs de plus de 70 ans, une idée défendue par certains eurodéputés, comme Karima Delli (Les Verts).
Permis de conduire : les seniors en danger
Au-delà de la question des seniors, l’UE envisage une refonte complète du système du permis de conduire. L’idée serait de limiter sa validité à 15 ans pour les voitures et 5 ans pour les poids lourds.
Passé ce délai, les conducteurs devraient se soumettre à des tests médicaux pour pouvoir le renouveler. Dans les faits, cette réforme s’appliquerait à tous les automobilistes.
Cependant, elle toucherait particulièrement les conducteurs âgés, dont les capacités physiques et cognitives peuvent diminuer avec le temps. L’objectif est d’identifier les personnes potentiellement dangereuses sur la route.
Ailleurs en Europe, les règles sont bien plus strictes. Aux Pays-Bas, un examen médical obligatoire tous les 5 ans dès 75 ans, au Danemark et Finlande, un contrôle médical dès 70 ans.
En Espagne et en Grèce, une visite obligatoire se fait dès 65 ans. En Italie, un contrôle médical a lieu dès 50 ans, au Portugal, un examen obligatoire dès 40 ans, avec un renouvellement tous les 10 ans jusqu’à 65 ans, puis tous les 2 ans.
Face à ces réglementations, la France, tout comme la Belgique et le Royaume-Uni, apparaît plus souple. Si ces mesures visent à améliorer la sécurité routière, elles suscitent aussi des craintes quant à une possible stigmatisation des conducteurs seniors.